samedi 11 février 2012

L'Iliade et l'Odyssee - Homere

L'Illiade et l'Odyssée d'Homère (voir cette belle exposition sur Homère proposée par la BNF : http://expositions.bnf.fr/homere/index.htm) sont des textes de référence de la Grèce Antique. Ces deux épopées, découpées sous forme de chants, reprennent la Guerre de Troie (Illion) et l'Odyssée d'Ulysse. Depuis longtemps, nombreuses sont les traductions qui ont été proposées. A chaque époque, répond une interprétation adaptée. Le présent compte-rendu de lecture porte sur la traduction de Louis Bardollet. C'est en lisant Ulysse from Bagdad d'Eric-Emmanuel Schmitt que j'ai eu envie de découvrir cette oeuvre dont je ne connaissais les événements que par d'autres ouvrages. J'ai choisi cette édition de 1995 car il me paraissait intéressant de me pencher sur une traduction récente. Ce texte majeur de la mythologie grecque est à mon sens incontournable car il permet une bonne appréhension de la civilisation antique grecque. Au delà du récit, ce texte constitue un héritage culturel inestimable. On le savait déjà mais l'ouvrage nous le confirme : le sacré occupait déjà une place primordiale dans l'esprit des hommes de l'époque. Les Dieux de l'Olympe étaient créés à l'image de l'homme et dotés de pouvoirs surnaturels qu'ils utilisaient à des fins purement personnelles. L'Illiade et l'Odyssée raconte leurs conflits d'intérêts où les hommes ne sont que les pions d'un immense jeu d'échecs. Personnellement, il m'a beaucoup plu d'envisager sous cet angle le système de pensée de l'époque avant l'avènement de l'ére judéo-chrétienne...

jeudi 26 janvier 2012

La part obscure de nous-mêmes - Elisabeth Roudinesco

Cet essai tente de répondre à la question : Où commence la perversion, et qui sont les pervers ? Pour bien comprendre cette analyse d'Elisabeth Roudinesco, il est utile de rappeler sa définition de la perversion :  Forgé à partir du latin "perversio", le substantif "perversion" apparaît entre 1308 et 1444. Quant à l'adjectif "pervers", il est attesté en 1190 et dérive de "perversitas" et de "perversus", participe passé de "pervertere" : retourner, renverser, inverser, mais aussi éroder, dérégler, commettre des extravagances. Est donc pervers - il n'y a qu'un adjectif pour plusieurs substantifs - celui qui est atteint de "perversitas", c'est à dire de perversité (ou de perversion). p.11. La part obscure de nous-mêmes. Une histoire des pervers, revient sur les cas qui ont marqué les civilisations occidentales depuis le Moyen-Age jusqu'à nos jours et livre une étude inédite sur l'histoire des pervers. En effet, si les déviances sexuelles ont maintes fois été analysées (notamment par la psychanalyse), aucune étude transversale n'a encore été faite sur les pervers. Elisabeth Roudinesco tente donc de combler ce vide en soulevant la question suivante : la perversion est-elle propre à la nature humaine ou découle t-elle de la culture ? Par extension, l'historienne et psychanalyste questionne son lecteur sur l'utilité de combattre cette "déviance" : les pervers, classés au banc des marginaux par la société, ne permettent-ils pas paradoxalement aux hommes de différencier le bien du mal, fondement même de la civilisation ?

vendredi 20 janvier 2012

Les derniers jours d'Emmanuel Kant - Thomas De Quincey

Ce texte comme son nom l'indique, relate Les derniers jours d'Emmanuel Kant. Publié pour la première fois en 1827 dans le Blackwood Magazine, ce petit opuscule répond peut-être au besoin de De Quincey de montrer que même les plus grands génies sont soumis à leur humanité. Grâce aux mémoires laissés par Wasianski pour la majeure partie de ses sources, De Quincey prête ses mots au fidèle ami de Kant pour raconter les derniers moments du célèbre philosophe allemand. Suivant méticuleusement les événements des journées de Kant, De Quincey livre les inquiétudes qui occupent désormais cet esprit jadis brillant. Rattrapé par sa vieillesse et ses ennuis de santé, le philosophe dépeint par l'auteur anglais, est un homme épuisé et malade. Ses pertes de mémoire et pertes d'équilibre affligent de tristesse Wasianski qui tente par tous les moyens de rendre la vie agréable à son ami vénéré jusqu'au souffle ultime... Et De Quincey de conclure son récit avec les mots suivants : Paix à sa poussière ; et à sa mémoire éternel honneur !

mardi 17 janvier 2012

Le desespere - Léon Bloy

Celui que Léon Bloy a choisi comme héros pour son roman Le Désespéré est un jeune écrivain accablé par l'infortune. Marchenoir ainsi qu'il se prénomme, possède une plume redoutable que tous les journalistes de ce Paris fin de siècle (19e) craignent. Bravant les codes de la littérature à la mode de l'époque, cet insoumis ne jure que par la vérité mais à quel prix ? Quitte à braver la médiocrité des grands de ce monde, Marchenoir terrorise ses adversaires par sa plume virulente. On le méprise pour sa pauvreté mais on le craint pour son esprit. Marchenoir veut écrire l'oeuvre de sa vie. Mais la pauvreté, cette tare que même la religion n'a pas réussi à rendre respectable, est sa plus grande calamité ("Indiscutablement, la Pauvreté est le plus énorme des crimes, et le seul qu'aucune circonstance ne saurait atténuer aux yeux d'un juge équitable. (...) Aussi, le genre humain ne s'y est jamais trompé, et l'infaillible instinct de tous les peuples, en n'importe quel lieu de la terre, a toujours frappé d'une identiqueréprobation les titulaires de la guenille et du ventre creux."p. 420) Contraint de mendier auprès de ces gens qu'il abhorre, Marchenoir s'abandonne à un amour impossible pour la belle Véronique. Cette femme autrefois dite La Ventouse, était une prostituée dont les armes ont anéantis plus d'une volonté. De leur rencontre par une nuit glaciale, naît une relation insensée qui transforme la belle en une dévote religieuse des plus fanatiques. Refusant tout d'abord cette idylle impossible, Marchenoir stimule à son insu chez la jeune femme, une dévotion et un sens du sacrifice frisant la folie... 

dimanche 8 janvier 2012

Marthe, Histoire d'une fille - Joris-Karl Huysmans

Cette édition propose deux romans de Huysmans : Marthe, publié pour la première fois en 1876 et Les Soeurs Vatard (1879). L'auteur, vivement critiqué par le public à la sortie de ces textes, déclare dans son avant-propos (Marthe) : "Je crois inutile de discuter maintenant sur le sujet qu'il m'a plu de traiter. Les clameurs indignées que les derniers idéalistes ont poussées dès l'apparition de Marthe et Les soeurs Vatard ne m'ont guère ému. Je fais ce que je vois, ce que je sens et ce que j'ai vécu, en l'écrivant du mieux que je puis, et voilà tout." p.26. Huysmans est clair : peu lui importe que ses récits dérangent. Son objectif est de révéler l'esthétique naturaliste développée par Emile Zola. Décrire dans ses plus infimes détails, la condition humaine des classes populaires dans ce qu'elle récèle de plus réaliste (y compris ses aspects les plus ignobles : pauvreté, maladie, alcoolisme, violence), contribue à une certaine prise de conscience nécessaire au changement. En effet, malgré leur misère et leur crasse, les classes populaires font partie intégrante de la société. S'y intéresser est indispensable pour comprendre la société dans son ensemble. Ainsi, basant son travail sur ses observations, Huysmans s'efforce de reproduire fidèlement une certaine réalité de la société (celles des ouvriers, des prostitutées et autres classes marginales de Paris) et il contribue ainsi à faire connaître le naturalisme. Marthe et Les soeurs Vatard, racontent les déboires de jeunes filles aux destins pathétiques...

vendredi 6 janvier 2012

Le jardin des supplices - Octave Mirbeau

Publié en 1899 chez Fasquelle pour sa première édition, Le jardin des supplices est un assemblage raisonné de divers articles rédigés entre 1892 et 1898 par Octave Mirbeau et publiés dans divers journaux (Le journal ou l'Echo de Paris). Pour les besoins du roman, l'auteur a retravaillé et restructuré ses textes de façon à proposer un ensemble cohérent. Il y dénonce la violence de la société et accuse l'Armée, l'Eglise, la Justice et l'Administration de n'être que des instiutions monstrueuses destinées à tromper les hommes. Le roman paraît d'ailleurs pendant une période politique trouble marquée par l'Affaire Dreyfus. Mirbeau en profite pour dénoncer la bêtise des hommes. Ironie (voir dédicace de l'auteur), subversion et lyrisme, tels sont les armes utilisées par le pamphlétaire pour critiquer cette France et plus largement, cette Europe occidentale qui s'essoufle et s'étiole. Notons cependant que le combat de Mirbeau ne se situe pas seulement au niveau idéologique : conciliant son sens de l'esthétique au dégoût de ses contemporains corrompus, l'auteur condamne la société européenne, en mettant en exergue l'hypocrisie de ses dirigeants et en établissant une comparaison avec les supplices pratiqués en Chine. De ces deux cultures dont l'une est censée être civilisée et l'autre réputée barbare, laquelle est-elle vraiment la plus cruelle et injuste ?

mercredi 4 janvier 2012

Le livre d'un homme seul - Gao Xingjian

Ecrit entre 1996 et 1998, Le livre d'un homme seul est le récit autobiographique d'un intellectuel chinois ayant vécu sous le régime de la Chine communiste avant la Révolution culturelle (1966-1976) Après son exil à l'étranger, cet homme se consacre à l'écriture et il voyage de pays en pays où sont représentées ses pièces de théâtre. C'est à Hong-Kong qu'il rencontre Marguerite, une allemande d'origine juive, qui le persuade d'écrire son histoire afin d'exorciser la haine et le dégoût inspiré par son pays natal. Ce récit est celui d'un homme qui a perdu tout espoir de réconciliation avec la terre de ses ancêtres. Témoin de lui-même, il constate avec douleur qu'il est plus seul que jamais. Malgré le plaisir volé à ses nombreuses conquêtes féminines, ni sa colère, ni sa tristesse, ni sa souffrance ne cessent lorsqu'il réalise que raconter son histoire lui permettra de renouer avec son passé. Cette histoire est celle d'un dissident qui a choisi de montrer au monde l'envers cruel et parfois absurde du régime politique chinois, que ce soit sous la direction du Guomindang ou pendant la République Populaire de Chine...

lundi 2 janvier 2012

Meilleurs Voeux 2012

Je vous souhaite à tous une excellente année 2012 ! Que cette année vous apporte santé et bonheur et bien sûr... de belles lectures et découvertes... 

video

J'ai déniché cette vidéo sur Dromadaire.com et je ne résiste pas à vous la partager. 
Encore tous mes meilleurs voeux à tous ! 
Alcapone

jeudi 29 décembre 2011

L'amour aux temps du cholera - Gabriel Garcia Marquez

Nous sommes à la fin du XIXe siècle dans un petit village des Caraïbes. Alors que les guerres se succèdent et que l'épidémie de choléra menace à chaque instant d'éclater, les destins de ses habitants se lient et se délient au fil de l'histoire. Florentino Ariza est un jeune télégraphe taciturne, dont la première rencontre avec Fermina Daza allait bouleverser l'existence entière. Dès le premier instant où Florentino Ariza rencontre Fermina Daza, il sut qu'elle serait la femme de sa vie. Entre les deux jeunes gens nait un amour platonique ponctué de poésie. Pourtant, contrairement à toutes les attentes, la belle est promise au jeune et riche docteur Juvenal Urbino. Contrariée par la décision de son père, Fermina Daza affronte cependant les obligations de la vie conjugale avec l'arrogance et le panache qui la caractérisent. Ayant tiré un trait sur son amour d'adolescence, elle abandonne à son sort Florentino (Pauvre homme, dira t-elle toute sa vie à chaque fois qu'elle le voit). Mais c'est sans compter sur la pugnacité et l'amour immodéré de son éternel prétendant : Florentino consacrera toute sa vie à reconquérir le coeur de sa déesse couronnée. Malade d'amour, il multiplie les conquêtes mais rien ne le guérira de cette empreinte indélébile laissée par la farouche Fermina. L'histoire de L'amour aux temps de cholera est celle de cet amour impossible qui durera plus de cinquante ans.

lundi 26 décembre 2011

Ulysse from Bagdad - Eric Emmanuel Schmitt

Ulysse from Bagdad, raconte le voyage de Saad, un jeune Bagdadi fuyant la dictature de Saddam Hussein. Alors que Saad était promis à un avenir brillant, sa vie bascule dans l'horreur : avec la guerre Iran-Irak (1980-1988) et la seconde guerre du Golfe (1990-1991) sanctionnée par le blocus américain sur le pays, Saad voit mourir ses proches les uns après les autres. Saad qui signifie "triste" ou "espoir" selon si l'on retient la traduction anglaise ou arabe, décide de braver tous les obstacles pour aller s'installer à Londres. Il espère y trouver un asile où il pourra travailler pour subvenir aux besoins de sa famille restée en Irak. Apprenti terroriste, puis transporteur d'antiquités à Bagdad, gigolo de fortune au Caire, fiancé en Sicile, accueilli en France par les partisans du combat pour les sans-papiers, Saad poursuit sans relâche un rêve qui ne cessera de l'obséder. A travers cet exil, il cherche un sens à sa vie, lui qui désormais n'est plus qu'un clandestin. Aidé durant son périple par les apparitions de son père, Saad mène un combat dont l'issue ne dépendra que de lui. De tout ce qui constitue le quotidien des clandestins : la faim, la pauvreté, les interrogatoires, les passages à tabac, l'humiliation, le racisme, rien n'est épargné au jeune homme. Pourtant la réponse à ses souffrances, se trouve en lui. Il n'appartient qu'à lui de choisir sa destinée : celle d'un Saad triste ou celle d'un Saad, qui symboliserait l'espoir...

samedi 24 décembre 2011

Les autres dieux et autres nouvelles - Howard Phillips Lovecraft

Ces huit nouvelles ont été publiées en 1965 dans Dagon. Ecrits entre 1920 et 1926, ces textes courts de Howard Phillips Lovecraft, abordent les thèmes du savant fou (Herbert West, réanimateur), celle la malédiction des chats (Les Chats d'Ulthar). Ils proposent également des incursions dans des mondes imaginaires (Les autres dieux, L'étrange maison haute dans la brume, Celephais), décrivent des créatures monstrueuses (La malédiction de Sarnath), célèbrent l'irréel (La tombe) ou évoquent encore les sciences occultes (Prisonnier des Pharaons). Bien que l'on y décèle clairement l'empreinte littéraire du célèbre père du Mythe de Cthulu ou de L'affaire Charles Dexter Ward, ces récits m'ont semblé fades, voire ennuyeux. Comme à son habitude, Lovecraft y exploite habilement le champ lexical de l'horreur mais il manque cette sombre magie qui a fait la renommée de l'auteur. Folie, monstres, occultisme, mystère, les thèmes chers à l'auteur sont ici réunis, malheureusement, l'"indicible", l'"inquiétant" et l'"insondable" auxquels m'avait habitué Lovecraft, n'ont pas suffit à me convaincre. J'ai pourtant trouvé un intérêt à lire Herbert West, réanimateur et La tombe, mais les sujets abordés (ceux du savant fou et celui de la folie) ont déjà été traités avec brio par Stevenson avec son L'étrange cas du Docteur Jekyll et Mr. Hyde ou encore par Théophile Gauthier avec son excellent Roman de la momie. Personnellement, j'apprécie beaucoup la fantasy et la littérature fantastique mais pas n'importe lesquelles. Là, je dis non, quand bien même c'est Lovecraft...

jeudi 22 décembre 2011

Le village des cannibales - Alain Corbin

Après avoir lu le médiocre roman Mangez-le si vous voulez de Jean Teulé, je m'étais promis de lire cet ouvrage d'Alain Corbin pour mieux appréhender les raisons du massacre d'Alain de Moneys. Confronter les deux points de vue du romancier et de l'historien m'a été utile dans la compréhension de ce sordide événement. Et, je me dois le dire, le succès remporté par Teulé pour Mangez-le si vous voulez, est injustifié et il confirme le compte-rendu de lecture que j'avais fait de l'ouvrage : les faits relatés ne sont pas contextualisés. De plus, d'après l'analyse de Corbin, les informations livrées sont erronées. Si le maire de Hautefaye a bien déclaré "mangez-le si vous voulez" en parlant d'Alain Monéys, les participants du massacre n'en ont rien fait. Ni les tartines à la graisse de la victime, ni les testicules grillées ne sont des faits avérés. Non pas que j'aurais aimé que cela soit vrai mais juste par souci de vérité. Et je trouve cela bien dommage d'autant que Teulé ne pouvait décemment pas se documenter sur cet épisode de l'histoire de Hautefaye sans avoir lu Le village des cannibales. Evidemment un roman est par définition est oeuvre fictive et l'on ne peut blâmer Teulé d'avoir voulu adapter cet événement, mais à écouter son entretien pour les éditions Julliard, on se rend vite compte que son roman est une coquille vide... J'ai bien conscience que le travail de romancier n'est en aucune mesure comparable à celui de l'historien mais je soupçonne Teulé d'avoir écrit ce roman pour des raisons mercantiles et si ma réaction est si véhémente, c'est parce que je suis attachée à l'auteur et que j'ai vraiment été déçue. Cela dit, je reconnais volontiers que c'est grâce à Teulé que j'ai découvert cette passionnante étude d'Alain Corbin et je m'empresse après cette longue parenthèse, de me pencher sur l'analyse de l'historien.

jeudi 1 décembre 2011

Les piliers de la terre - Ken Follett

Cette fabuleuse fresque qui raconte l'histoire de la construction de la cathédrale de Kingsbridge, nous plonge dans l'Angleterre du XIIe siècle. Nous y rencontrons les destins entremêlés de bâtisseurs, prieur, évêque, comte, roi, hors-la-loi, chevaliers, sorcières, dont les intérêts antagonistes tissent l'intrigue du roman. Car il s'agit bien d'un roman. Même si Ken Follet s'inspire de faits et de personnages réels, Les Piliers de la terre n'en est pas moins une fiction. Mais quel roman d'aventure ! Tous les ingrédients indispensables aux épopées romanesques y sont réunis : complots, haine, amour, violence, trahisons... Ken Follet n'a rien oublié et le résultat est réussi : malgré les 1000 et quelques pages du livre, la lecture du roman est aisée. L'auteur, dont l'intérêt pour l'architecture est évident, nous initie avec simplicité aux préoccupations des maîtres bâtisseurs de l'époque. Et on découvre quelques éléments sur la naissance de l'architecture gothique du sud de l'Angleterre, dont les voûtes en croisées d'ogives et les transepts servant d'arc-boutants, allaient désormais alléger l'architecture des édifices religieux. Ainsi ce que Ken Follet désigne par les Piliers de la terre, symbolise les cathédrales.

Nietzsche - Stefan Zweig

On ne se lassera jamais de le dire : l'écriture de Stefan Zweig est somptueuse. Cette façon qu'il a d'étudier les profils psychologiques des grands de ce monde (voir aussi : Hommes et destins) est caractéristique de sa plume poétique et perçante. Friederich Nietzsche qu'il portait apparemment en haute estime, apparait dans son analyse tel un ovni de la pensée allemande, peut-être même de la pensée universelle pourrait-on dire. Personne, excepté peut-être Heinrich von Kleist et Friedrich Hölderlin, n'aurait accepté de souffrir l'enfer que le philosophe s'est volontairement choisi pour demeure. Sa santé fébrile et sa recherche incessante de la Vérité sont à la fois, sa force et sa faiblesse. Intransigeant envers les autres, mais avant tout envers lui-même, Nietszche ne souffre pas le confort d'une notoriété acquise et reconnue. Son combat se situe ailleurs. Bien au delà de ce que l'on peut imaginer avec toute la douleur et la solitude que cela exige. Le parcours de Nietzsche est fait de mille souffrances imposées à lui-même comme autant de moteurs de réflexion de sa pensée...